Morphopsychologie – Morphobiologie

« Le visage est le miroir de l’âme »
Cicéron (106 – 43 av J.C.) – Lettres.

Historique

Notre visage est-il un authentique miroir de notre personnalité ? Beaucoup en doutent. Mais nous utilisons fréquemment, consciemment ou non, l’analyse du visage d’autrui pour percevoir sa personnalité. Cependant cela nous maintient dans le seul plan de l’intuition individuelle et subjective. Elle ne nous fait pas accéder au plan de la connaissance objective. Un fossé sépare l’intuition subjective de la connaissance objective. Sentir les battements de son cœur est une chose, être cardiologue une autre !

Ce fossé, nombreux sont ceux qui ont tenté de le franchir. La tentative la plus connue est, au dix-huitième siècle, celle de la « physiognomonie » du pasteur suisse Lavater (1741-1801). Une tentative approximative qui fut détournée par le régime hitlérien pour développer ses insupportables thèses racistes.

Réussir à franchir ce fossé restait un défi à la connaissance objective. Il fut relevé par le docteur Louis Corman (1901-1995), psychiatre nantais, qui créa (en 1937) la « morphopsychologie ». Celle-ci, reprenant les notions de dilatation et de rétraction élaborées vers 1900 par le docteur Claude Sigaud, a commencé, concernant la signification des visages, à combler le fossé entre l’évidence intuitive et la connaissance objective. Toutefois cet essai s’est avéré trop empirique. En effet, malgré – ou plutôt à cause de – l’exceptionnel sens clinique de son créateur, la morphopsychologie a souffert du manque d’assises biologiques, ostéologiques et méthodologiques.

Ces assises ont été découvertes récemment. Elles constituent les bases d’une nouvelle discipline : la morphobiologie®. Cette discipline étudie la signification de toutes les formes du vivant, de la sphère végétale à la sphère animale. La Morphopsychologie, fondée sur la morphobiologie, reste spécialisée dans l’étude du genre humain.

Les dates

500 av J.C.- Pythagore étudia le rapport entre la morphologie du visage et le comportement.

400 av J.C. – Hippocrate (460 av. J.-C., vers 370 av. J.-C.) médecin grec, divisa l’humain en « gras » et en « maigre » et élabore la théorie des quatre humeurs. Une combinaison des quatre éléments (Eau, Feu, Air, Terre) aux 4 qualités physiques (Froid, Chaud, Sec, Humide) influant sur les « humeurs » (sang, bile, pituite, atrabile)

339 av J.C. – Le terme Physiognomonie constitue le titre d’un ouvrage d’Aristote (384 – 322 av J.C.), terme formé de phusis « nature, manière d’être, caractère » et gnomon, gnomonos « qui discerne, qui interprète ».

170 – Galien (131 – 201) médecin grec, élabora quatre complexions ou quatre tempéraments d’après la théorie des humeurs d’Hippocrate. Le colérique ou bilieux (bile rouge ou jaune), le sanguin (le sang), le flegmatique (la pituite), le mélancolique (la bile noire). Cette « classification », encore utilisée au XIXème siècle, est aujourd’hui obsolète.

1586 – Au XVIe siècle, la physionomie et les expressions du visage intéressèrent les médecins. Giambattista Della Porta (1536-1615), auteur d’un De Humana Physiognonomia, initia la Physiognomonie, « science » qui consistait à trouver des ressemblances entre les visages humains et certains animaux et à en tirer des conclusions quant au caractère.

1775 – La Physiognomonie, du pasteur suisse Johann-Caspar Lavater (1741-1801).
« La physionomie humaine est pour moi, dans l’acception la plus large du mot, l’extérieur, la surface de l’homme en repos ou en mouvement, soit qu’on l’observe lui-même, soit qu’on n’ait devant les yeux que son image. La physiognomonie est la science, la connaissance du rapport qui lie l’extérieur à l’intérieur, la surface visible à ce qu’elle couvre d’invisible. Dans une acception étroite, on entend par physionomie l’air, les traits du visage, et par physiognomonie la connaissance des traits du visage et de leur signification. »
(Extrait de, La physiognomonie ou l’art de connaître les hommes, Johann-Caspar Lavater)

1800 – La Cranioscopie, de Franz Joseph Gall (1758-1828).
Cette méthode permettait de deviner la personnalité et le développement des facultés mentale et morale sur la base de la forme externe du crâne. F.J. Gall fut le premier à affirmer que les fonctions du cortex devaient avoir des localisations précises. Ce qui donnerait lieu à des proéminences osseuses appelées « bosses » (dont celle, fameuse, des maths). Mais sa théorie manquait de preuves scientifiques et quelques charlatans la détournèrent. On sait aujourd’hui qu’il n’existe pas de rapport entre le développement cortical et le relief crânien. N’oublions pas cependant que la cranioscopie inspira Paul Broca (1824-1880). Plus tard, la cranioscopie fut renommée phrénologie (de phrenos, esprit et logos, étude) par ses disciples, notamment par son élève Johann-Caspar Spurzheim.

1810 – La Phrénologie, (initiée par Franz Joseph Gall), de Johann-Caspar Spurzheim (1776-1832). La phrénologie se fonde entièrement sur les principes de la cranioscopie de Franz Joseph Gall, c’est-à-dire la palpation du crâne à la recherche de ces proéminences. Mais la phrénologie attira, comme la cranioscopie, beaucoup de charlatans et de pseudo-scientifiques. De ce fait, la phrénologie a dérivé sur une dangereuse et condamnable forme de racisme. La physiognomonie puis la phrénologie fut la base de travail de Carl Huter (1861-1912)

1921 – Ernst Kretshmer (1888-1964) médecin allemand, distingue, à partir d’observations psychiatriques, le type morphologique pycnique (tendance maniaco-dépressive) et leptosome (tendance schizoïde).

1921 – Carl Gustav Jung (1875-1961) psychiatre suisse, élabore la théorie des types psychologiques. Quatre fonctions (Sensation, pensée ou réflexion, sentiment, intuition) assises sur deux orientations (extraversion et introversion). «La Sensation (c’est-à-dire, le sentiment de perception) vous dit que quelque chose existe ; la réflexion vous dit ce que c’est ; le sentiment vous dit si c’est agréable ou pas ; et l’intuition vous dit d’où il vient et où il va.».
Deux psychanalystes américaines, Isabel Briggs Myers (1897-1979) et sa mère, Katherine Cook Briggs en ont développé une méthode et un outil, le Myers Briggs Type Indicator ou MBTI.

1937 – La Morphopsychologie, de Louis Corman (1901-1995).

Louis Corman (1901-1995), psychiatre nantais, créa la morphopsychologie en 1937. La morphopsychologie, reprenant les notions de dilatation et de rétraction élaborées en 1914 par le docteur Claude Sigaud (gastro-entérologue lyonnais) et la morphologie planétaire présentée par Gervais Rousseau, a commencé, concernant la signification des visages, à combler empiriquement le fossé entre l’évidence intuitive et la connaissance objective. La morphopsychologie du docteur Corman est toujours enseignée à la S.F.M.
(Société Française de morphopsychologie – http://www.morphopsy.org).

1945 – La Caractérologie de G. Heymans (1857-1930), D. Wiersma (1858-1940) et R. le Senne (1882-1954)
Selon leur traité, le caractère présente trois propriétés plus ou moins prononcées : l’Emotivité et son opposé non-Émotivité, l’Activité et son opposé non-Activité, et le Retentissement soit Primaire, soit Secondaire. Chaque combinaison crée une typologie. La principale critique qui est opposée, outre sa méthode statistique, est d’identifier le caractère à la personnalité ou au moi.

1949 – La Prosopologie, de Roger Ermiane, médecin français, étudie le jeu des muscles peauciers. Il écrit Jeux Musculaires et Expressions du Visage en 1949. Visage et Caractère: La Psychologie des Visages en 1963. Album des expressions du visage en 1978.

1954 – William H. Sheldon (1898-1977) médecin psychologue américain, d’après ses publications The Varieties of Human Physique et The Varieties of Temperament, classe le genre humain selon les trois feuillets embryonnaires (endoderme, mésoderme, ectoderme) en trois types, l’endomorphe (viscéro-tonique), le mésomorphe (somato-tonique) et l’ectomorphe (cérébro-tonique).

1990 – La Morphobiologie®, de Jean-Marie Lepeltier.
L’objet des recherches de cette récente discipline (développée en 2000 avec Christophe Drouet), est de déduire, à partir de sa seule morphologie, le mode de développement et le type de « comportement » propre à tout organisme vivant. À partir d’un code universel, la morphobiologie incorpore tous les êtres cellulaires du règne végétal et animal. En effet, la cellule est, selon l’expression de Claude Bernard : « l’unité de structure de tous les êtres vivants » ; il précisait : « la cellule (est) identique dans les deux règnes, chez l’animal comme chez le végétal », ou encore : « aucune différence essentielle n’existe entre les manifestations vitales des éléments organiques, animaux et végétaux ». (Extrait de : Leçon sur les phénomènes de la vie, communs aux animaux et aux végétaux – Paris, 1878). La morphobiologie inaugure ainsi l’étude de la signification des formes de tous les organismes vivants.

2000 – La Morphopsychologie, de Jean-Marie Lepeltier et Christophe Drouet.
Les bases biologiques et ostéologiques de la morphobiologie rénovent profondément la morphopsychologie cormanienne. La Morphopsychologie s’appuie désormais sur un code universel. Selon ce code, objectivement fondé par la morphobiologie, tous les organismes se retrouvent Larges ou Longilignes. La Morphopsychologie, en s’appuyant sur des assises biologiques et ostéologiques, réalise une évolution marquante et décisive. Elle oblige la refonte complète du vocabulaire puis la création d’une nouvelle méthodologie. Elle permet d’atteindre désormais, pour un portrait morphologique, un niveau de performance inédit. La Morphopsychologie, fondée sur la morphobiologie, est enseignée à l’E.S.M.

Parutions: Visage, Corps et Personnalité
Morphopsychologie et recrutement