Lesprit
de la méthode
L' « esprit »
qui préside à l'établissement du portrait morphopsychologique
relève de deux principes.
1er principe : le respect
de la dynamique du vivant
Un portrait morphopsychologique n'est pas une description figée.
Il émane des deux énergies antagonistes dont l'opposition
anime continuellement une personnalité. Ce n'est pas une
formule descriptive chosifiante et encore moins un diagnostic définitif.
2ème principe : l'autonomie du sujet
Il s'agit d'une part, de distinguer le sujet (le je) et d'autre
part, son problème énergétique (le moi). La
distinction entre le « je » et le « moi »
réside au sein d'expressions comme : « je me suis
dit » soit littéralement « je a dit
à moi », ou « je vais me promener »
soit « je vais promener moi ».
Quel est l'exact statut ontologique
de ce « je » : la version religieuse de l'« âme »
(la part immortelle de la personnalité) ou la version laïque
de l'« esprit » ? C'est le « Ich »
de Freud, le « Soi » de Jung. C'est bien plus
que la conscience d'être, c'est une « conscience
de la conscience d'être ». Elle est concomitante
au langage parlé. Si un animal et même un végétal
possèdent leur propre niveau de conscience, ils ne peuvent
pas parler et dire : « je ». S'ils le faisaient,
ils atteindraient, par le fait même, un niveau « de
conscience de conscience d'être » et accéderaient
ainsi au statut de sujet.
Ce sujet, est celui du « Cogito »
de Descartes. C'est aussi l'« Ego », le « Moi transcendantal »
d'Emmanuel Kant. Si nous faisions part à un tiers de la
confidence suivante : « après ce malheureux événement,
je me suis retrouvé rempli de tristesse ». Ce
n'est pas « je » qui est triste, « je »
ne fait que constater la tristesse du « moi ».
Le « moi » vit la tristesse, « je »
la constate. Il ne s'agit pas seulement là d'une structure
grammaticale mais du compte-rendu de ce que chacun de nous est
amené
à vivre. La structure grammaticale n'est ici que le reflet
du phénomène existentiel et non pas l'inverse. Cet
écart de principe entre « je » et « moi »
a permis à La Rochefoucauld de dire dans ses Maximes : « On
est jamais si heureux, ni si malheureux qu'on s'imagine ».
Pour Edmund Husserl, ce « je » devient « sujet
transcendantal » qui renvoie aussi à une « conscience
pure », une conscience dégagée de
toutes les données de l'expérience, soit externes,
soit internes.
Le portrait morphopsychologique n'a
aucune prise sur le « je ». Il est en revanche
le révélateur (au sens chimique du terme) de l'agencement
énergétique du « moi ». Seul
le sujet peut gérer son portrait morphopsychologique une fois celui-ci
réalisé. Autrement dit, le sujet n'a pas à
recevoir (nécessairement) de conseils de la part du morphopsychologue.
C'est pourquoi un portrait morphopsychologique ne peut se faire et
n'être utile que sur une décision libre et volontaire
du sujet, c'est-à-dire du « je ».
Cela exclut, si elle se fait
à l'insu du sujet, l'utilisation du portrait morphopsychologique
au sein d'une procédure
de recrutement, ou de toute autre procédure d'analyse.
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